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Trak’In

54 Dérivation

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Présentation et mise en contexte

Afin que vous compreniez mes analyses et commentaires ainsi que l'importance que j'accorde à un tel atelier, je me dois de « brièvement » me présenter.

Je suis autiste Asperger, né fin 1979 et diagnostiqué fin 2012. Mes « intérêts restreints » sont l'informatique, la programmation, le graphisme, la géométrie fractale, le Libre appliqué à l'informatique, …

Mes premiers pas dans un tiers-lieu se sont fait assez naturellement dans un fablab. Bien que je n’ai eu qu’assez peu de temps pour le fréquenter, les valeurs défendues m’ont très vite fait me sentir proche de leur philosophie.

Mon engagement dans ce lieu, en début d'institutionnalisation, est dû à l'ardeur de l'un des directeurs à vouloir me voir intégrer l'équipe et une série d'heureux hasards (primes liées à la différence, subside tombant au bon moment,…).

Le second directeur et les membres du conseil d'administration émettront des réserves amenant à des conditions particulières : je serai le seul à travailler à plein temps pour un salaire temps partiel avec participations non-payée aux événements se passant le week-end. L'inclusion passait, il y a peu encore, comme une « faveur », manière dont cela m'aura été présenté à l'époque. Hors rares cas, l'inclusion de la différence sur un pied d'égalité est un concept extrêmement nouveau.

Fait amusant montrant que les choses évoluent et changent dans un tiers-lieu, le directeur qui avait émis des réticences est Aurélie, devenue ma meilleure amie, co-animatrice de cet atelier et maintenant fervente défenseure de l'inclusion des profils atypiques.

L’autre directeur, celui ayant tout fait pour m’intégrer est un pervers narcissique ayant réussi à faire croire pendant quasi deux ans qu’un notaire était en charge du tiers-lieu pour « valoriser » les compétences de chacun, afin de nous faire rentrer dans le conseil d’administration tout en modifiant les conditions salariales.

Cela ne se sera pas fait sans heurts bien entendu mais cette expérience a été la plus belle que j'aurai vécu et la bienveillance de la majorité de ses membres m'aura permis de dépasser beaucoup de limites que je pensais insurmontables sur le plan social, comme, par exemple, me retrouver un jour à co-animer un atelier sur le sujet des différences.

Remarquant que l'institutionnalisation des tiers-lieux, fab labs en premier, avait tendance à faire perdre une partie des valeurs véhiculées, je me découvris une nouvelle passion : les définitions. Je passa de longs mois à retravailler les définitions Wikipédia de termes tels que « tiers-lieu », « innovation sociale », « bien commun », « patrimoine informationnel », « fablab », « open source », … car, alors que tous ces mots commençaient à devenir à la « mode », les définitions utilisées étaient souvent, au mieux, incomplètes, au pire, totalement fausses voire inexistantes.

Parallèlement à ce travail de ré-écriture et de mise en cohésion, je réalisa un référencement de nombreux lieux en Belgique, se revendiquant ou non tiers-lieu, mais où les valeurs et les structures y correspondaient, cherchant à visiter et comprendre les différents modèles rencontrés.

Actuellement, je suis actif bénévolement au 54 Dérivation, tiers-lieu liégeois créé par Aurélie via son association Trak'in, et continue une veille sur l'emploi de différents termes ainsi que sur certaines définitions Wikipédia.

Introduction

Je vais appliquer à l'introduction un point que j'ai trouvé important lors de notre atelier : « Mettre les gens normaux en position d'atypique ».

Les neurotypiques (gens atteints de normalité), ont parfois tendance à confondre différence et handicap mental. On ne peut leur en vouloir : les sources sont contradictoires, entre vaccins et psychothérapie, le sujet est polémique, et l'on côtoie aussi bien le sérieux que le charlatanisme.

Heureusement, comme nous, les neurotypiques sont tous différents : la neurotypie n'est pas une maladie mais une différence et, même si certains cas laissent croire le contraire, ce handicap n'est pas mental. Malheureusement, ce sont eux qui sont majoritaires et donc normaux. Non l'inverse.

Une configuration tiers-lieu est, en général, faite de personnes dont les valeurs humaines feront que l'inclusion sera naturellement facilitée car motivée par la volonté personnelle, donnant alors une dynamique de groupe naturelle à l'inclusion, non imposée ou « motivée ».

L'atelier a permis à des personnes exclusivement neurotypiques, à travers différentes étapes d'idéation, d'imaginer un grand nombre de solutions inclusives et ressortir celles qu'elles voyaient comme les plus intéressantes. Beaucoup d'idées sont intéressantes en effet mais il faut parfois mieux comprendre le neurotypisme pour expliquer certaines d'entre elles.

Le neurotypique est capable de détecter environs septante-cinq émotions différentes, nous sept. L'expression de ces émotions et tentatives de décryptage seront mises en place au travers de rencontres aussi diverses que variées (entretien d'embauche, fête, réunion, team-building,…) car c'est la principale possibilité qui leur est offerte d'analyser ou imposer des émotions, là où la majorité d'entre nous a ces moments en horreur.

Cette différence peut être comparée au daltonisme. Ce ne sera pas foncièrement handicapant, c'est une différence qui ne le sera que si vous avez un réel besoin du cône manquant.
Sinon, vous serez sans doute juste insensible à la peinture mais adorerez la photo noir et blanc.

Un filtre pourra extrapoler la couleur manquante : loin de la réalité, vous y verrez néanmoins peut-être quelque chose de beau, nouveau et fort, offrant de nouvelles compréhensions et donnant envie de tout redécouvrir à travers ce filtre. C'est ce que font les personnes regardant des photos filtrées de l'Univers : elles s'émerveillent là où avec nos trois cônes, nous ne verrions rien.

L'intérêt des neurotypiques, avec une telle participation, à l'inclusion montre une volonté de créer les bases d'un modèle de filtre, basé sur la bienveillance, composé d'outils variés, permettant de le moduler pour qu'il corresponde au mieux à chaque situation et aux émotions de chacun.

Les tiers-lieux sont des lieux où la volonté de compréhension et les modèles innovants appliqués sont souvent sources d'inspiration. Pouvoir partir d'une base saine pour développer les outils de l'inclusion est une chance, surtout si on peut espérer qu'ils puissent devenir une norme.

Bien que les neurotypiques ne pourront jamais s'empêcher de vous lâcher un « On est tous un peu autistes » (Oui, nous avons tous cette phrase en horreur, mais ils ne le comprendraient pas), il faut leur laisser leurs chances et aider ceux qui émettent de la volonté.

Atelier d'idéation « Altérité »

Lors de l'atelier, différentes solutions globales ont été proposées par les participants et, pour chacune, il leur a été demandé de proposer des solutions correspondantes. Cet exercice se réalisant par groupe, cela expliquera certaines similitudes et redondances.

Les différents solutions proposées ont ensuite été soumises à un vote dont le résultat est représenté par :

○○● : 1 ou 2 personnes.

○●● : 3 ou 4 personnes.

●●● : 5 personnes ou plus.

Posture inclusive

Par facilité, j'ai divisé les points en deux catégories

  • Les postures du tiers-lieu : les postures qui seront prises collectivement par les membres au nom du tiers-lieu.
  • Les moyens : les postures proposées pouvant être vues comme des moyens d'actions.

Postures du tiers-lieu

●●● Instaurer les règles de l’intelligence collective dans toutes les activités du TL comme valeurs communes d’actions et de relations

○●● Faire en sorte que la définition même de Tiers Lieu comprenne l’inclusion

○○● Afficher les valeurs d’ouverture et de tolérance

○○● Discrimination positive: embaucher prioritairement des personnes issues de la diversité culturelle, sociale et neurologique

○○● Ne pas s’enfermer dans le communautarisme (s’ouvrir à d’autres modèles, pensées)

○○● Revendiquer la bienveillance et l’intégrité

○○● Tiers Lieu avec communication sur l’intention d’INCLUSION

Beaucoup d'atypiques ont des problèmes, souvent marqués dés l'enfance, avec le principe de hiérarchie car il impose de ne pouvoir dire certaines vérités à certaines personnes et, donc, a parfois devoir agir contre une certaine logique.

L'horizontalité hiérarchique que l'on retrouve en principe de tiers-lieux est une des premières postures inclusives car elle permet à tous de se retrouver sur un certain pied d'égalité et est donc une instauration, par nature, des règles de l'intelligence collective

Cette horizontalité permet beaucoup d'autres choses dont la pluridisciplinarité du lieu au niveau même de se structure car la collaboration est plus facile entre personnes sur le même pied.

Les principes d'inclusion sociale du lieu doivent être affichés et revendiqués, aussi bien comme des valeurs propres au lieu que comme des valeurs inhérentes à tous les tiers-lieux.

Moyens

●●● Être bienveillant

●●● Mettre les gens « normaux » en position d’atypique.

●●● Ne pas parler mais FAIRE

○●● Jouer avec l’humour pour dédramatiser auprès des personnes pour qui la différence est un problème.

○●● Chacun peut mettre en place une action/activité autour et en lien avec son profil atypique.

○○● Casser les codes institutionnels et accueillir sans préjugé et sans avoir besoin de connaître le vécu

○○● Donner la priorité aux idées disruptives

○○● Donner plus de responsabilités aux personnes issues de la diversité

○○● Être à l’écoute les uns des autres

○○● Faire en sorte que les différences soient comblées (par des formations, des tiers, des règles,…) pour éviter de nuire au fonctionnement du TL

○○● Identifier, mettre en valeur les compétences, passions, talents et soutenir les personnes atypiques dans leurs projets/envies

○○● Ne surtout pas mettre le projecteur sur la personne concernée, neutraliser le propos

○○● Oser tout faire ensemble sans se poser de questions

○○● Permettre à ces diversités de se sentir libre d’expérimenter et de s’exprimer à sa façon en facilitant leurs démarches

○○● Poser un cadre ouvert de discussion sur la différence, des difficultés rencontrées avec les réactions inhabituelles

○○● Prendre le temps d’expliquer les différences pour favoriser la compréhension mutuelle, l’empathie

○○● Proposer l’accueil des animaux aidants au sein des TL

○○● Proposer aux différents acteurs du TL de participer à des activités et des découvertes via le photolangage pour se reconnaître les uns les autres.

○○● Que les personnes « hors normes » soient force de proposition au sein du TL

○○● Respecter les rythmes de participation de chacun

○○● S'approprier la spirale dynamique pour comprendre la diversité

○○● Rire (car le rire rend joyeux)

○○● Utiliser des synonymes pour qualifier les atypiques (zèbres, …)

Les moyens sont nombreux, mais de certains vont parfois dépendre les postures du tiers-lieux.

La bienveillance est une posture philosophique propre à chacun qui l'amènera à mettre une limite personnelle à sa « bonté ».

Il est facile d'inclure un jeune autiste, diagnostiqué enfant, avec un parcours parfaitement adapté l'amenant à avoir été intégré scolairement et prêt à l'être professionnellement que le cas inverse, beaucoup plus courant : un adulte diagnostiqué sur le tard après un parcours scolaire, professionnel ou social chaotique (décrochage scolaire, chômage de longue durée, petite délinquance, prison, toxicomanie, alcoolisme, dépressions, taux de suicide notablement élevé, …).

Un point proposé « imposant » un niveau de bienveillance est celui parlant du fait de casser les codes institutionnels et l'acceptation sans jugement, mais c'est le seul autre point qui pourrait être directement rattaché à ce qu'est « être bienveillant » dans le cadre du tiers-lieu.

Où placer la bienveillance si, pour des raisons qui vous sont légitimes, vous pensez qu'on ne peut avoir confiance en une personne ayant été toxicomane et que d'autres membres proposent son inclusion ? Est-ce que, s'il est accepté, il sera possible de maintenir la bienveillance ou la méfiance entraînera une forme de « malveillance » ?

Poser le neurotypique en position d'atypique est compliqué car ne peut être réalisé que par un atypique (Je vous invite à lire et écouter Josef Schovanec) assez inclus que pour tenter l'exercice.
Mais cela peut parfois être aussi simple qu'une discussion ou aller voir les discussions entre personnes autistes sur les forums ou pages Facebook.
Néanmoins, il restera toujours intéressant d'organiser une rencontre entre la personne différente, la personne qui la suit et une ou des personnes choisies du lieu.

Toutes ces propositions sont les principales choses à mettre en place avant toute activité.

Activités internes - Teambuilding

●●● Créer des temps PETITS CAILLOUX ou une personne choisit un autre groupe de personnes pour partager un souci rencontré avec un membre du collectif

●●● Faire des rêves éveillés ensemble

●●● Favoriser les temps d’échange et de convivialité

●●● Moments festifs rassembleurs, savoir faire la fête ensemble entre amis.

○●● Organiser des ateliers de formation de pair à pair

○●● Temps collectifs fréquents pour réinventer le TL en permanence en fonction des spécificités de chacun

○○● Activités diverses, éclectiques qui activent des publics diversifiés

○○● Adapter notre programmation à tous les publics

○○● Constituer des équipes pluridisciplinaires pour démontrer l’importance de mêler différents profils

○○● Créer des temps d’échange

○○● Créer des visites sur l’activité des acteurs entre les acteurs

○○● Faire des soirées BIOGRAPHIES avec mise en évidence de son retour d’expérience et des compétences acquises

○○● Fédérer les acteurs lors de moments « hors travail »

○○● Jouer ensemble régulièrement

○○● Mélanger les profils, ne pas mettre les profils similaires ensembles

○○● Mettre en place des ateliers numériques pour faire entrer les anciens dans cette nouvelle ère

○○● Mise en place d’activités de loisirs, ludique, de rencontres

○○● Mise en place d’ateliers ludiques et participatifs avec intervenants pour faciliter l’appropriation

○○● Organiser régulièrement des temps de rencontre festifs afin d’apprendre à se connaître différemment

○○● Prendre le temps de s’apprivoiser d’un point de vue relationnel et convivial indépendamment et d’évaluation de compétences spécifiques professionnelles.

○○● Prendre le temps de se rencontrer plusieurs fois par semaine

○○● Prévoir un temps récurrent (des repas) avec de la convivialité hors cadre pro

○○● Proposer des animations différentes (physiques/cérébrales)

○○● Proposer des co-lunch, cuisine partagée

○○● Proposer et animer des activités multiples et variées

○○● Réaliser une œuvre collective

La majorité de ces propositions ne sont pas des activités d'inclusion du profil atypique mais des activités faites pour être retrouvées dans un tiers-lieu.

Il est nécessaire pour le tiers-lieu qu'il y ait des moments accordés au jeu, aux repas collectifs, aux fêtes, à la discussion hors-cadre, à la ré-invention du lieu, etc. qu'un profil atypique soit là ou non.

C'est précisément car ces moments se réalisent sans qu'il n'y ait besoin de la présence d'un atypique pour exister qu'il est possible d'y « inclure » un profil différent. S'il fallait les créer pour lui, ce ne serait plus de l'inclusion mais de l'adaptation.

Il est important de se rendre compte que la grande majorité des profils atypiques n'aime pas ce type d'activité sociale car il correspond exactement à ce qui fait le côté handicapant : se faire le plus neurotypique possible en utilisant ce qui est appelé le « camouflage social », c'est à dire agir par automatisme dans certaines situations sociales acquises. Tous ne sont pas à même de développer un camouflage social et beaucoup ne préfèrent donc pas participer, tout simplement.

Le camouflage social, comme tout camouflage, est une défense. Un personne ayant développé un bon camouflage social sera donc très souvent une personne ayant eu à se « défendre » socialement dès très jeune et ayant acquis des automatismes basés parfois sur de très mauvaises compréhensions qu'il sera dur de démonter pour en faire découvrir d'autres.

Il faudra sans doute des mois à simplement proposer à la personne différente de participer aux repas collectifs, pour qu'un jour elle accepte et, de là, profiter du doigt mis dans l'engrenage pour tenter d'autres choses.

Mais il ne faut pas espérer inclure un profil différent en lui demandant de participer à tout, en pensant que lui montrer le neurotypisme sous toutes ses formes possibles lui permettra de mieux comprendre le neurotypisme et vouloir s'y inclure.

Si un profil différent semble ne pas avoir de difficultés pour certaines choses, il ne faut pas oublier le camouflage social. Ce n'est pas car il participera naturellement aux repas collectifs qu'il ne profitera pas de ne plus jamais y mettre les pieds s'il lui était proposé de ne plus devoir le faire.

Les différentes propositions doivent donc être vues comme des buts à atteindre.

Si l'évolution amène à ce que le profil atypique devienne demandeur ou décide de lui-même de participer à certaines activités, qu'elles soient simples ou complexes, le tiers-lieu devra voir ça comme une victoire.

Accueil spécifique – Intégration interne

●●● Prendre le temps de bien accueillir, de s'ouvrir à l'autre.

○●● Ambassadeur/Mascotte du TL avec un profil atypique

○●● Laisser le choix aux personnes qui arrivent de PROPOSER des formations ou des activités

○○● Apprendre à connaître les profils atypiques au sein des TL

○○● Équipe qui anime le TL pluridisciplinaire pour développer différents axes dans l’espace

○○● Laisser de la place à chacun dans la mise en place d’événements

○○● Laisser une place à chaque individu/projet

○○● Prendre le temps d’appréhender les différents profils au sein du TL

○○● Respecter les différences et partager des valeurs

A travers plusieurs tiers-lieux croisés, j'ai remarqué que l'accueil était un point plus qu'important.

Qu'il s'agisse de l'accueil d'un visiteur ou d'un collaborateur, avoir dès l'entrée un visage accueillant venant à sa rencontre afin d'expliquer le lieu est un premier pas qui pourra faciliter toute inclusion à venir.

L'accueil n'est pas une tâche facile et il vaudra mieux avoir une personne douée et sympathique pour la réaliser. Néanmoins, cela n'empêche pas, s'il s'en sent capable, qu'une personne différente tienne ce rôle ou représente le lieu lors d'interventions.

Beaucoup de points auraient leur place dans d'autres sections et sont applicables à des profils neurotypiques mais sont de bonnes bases pour qu'un accueil de qualité soit assuré, quel que soit le cas.

Tiers-lieu comme espace physique

●●● Un mur d'expression libre

○●● Utilisation de pictogrammes pour illustrer espaces, activités et compétences

○○● Aménagement du TL avec des espaces extérieurs

○○● Co-construire le lieu jour après jour. Laisser libre cours aux initiatives de chacun > Chacun est acteur

○○● Dessin arborescent des compétences où chaque personne arrivant dans le TL puisse écrire son nom = Le TL sait qui mobiliser en fonction du besoin

○○● Intégrer de l’hébergement dans le lieu ou 1 canapé lit

○○● Mettre des espaces libres à disposition avec du matériel divers et varié pour faire avec ses mains

○○● Mettre en place un jardin partagé dans les aires d’accueil

○○● Proposer un espace uniquement dédié au TEST

Il n'y a pas deux tiers-lieux les mêmes mais il n'y a pas plus beau tiers-lieu qu'un tiers lieu dont les peintures murales, la décoration, la signalétique, le mobilier, … seront comme un patchwork de toutes les personnalités passées par ce lieu. Un tiers-lieu peut être kitsch qu'il n'y sera pas pour autant fait des choses formidables.

Comme de tous les autres membres, les idées d'une personne différente seront parfois différentes également mais il sera intéressant de le laisser approfondir son propos.

Il est déjà possible d'utiliser des moyens simples et qui seront utiles à tous, allant des pictogrammes à une documentation claire de certains principes du lieu ou « trombinoscope » indiquant les compétences.

Je n'aime pas parler d'arborescence des compétences car une arborescence est une hiérarchie, ce qui, dans un tiers-lieu, est en principe à éviter.

Sensibilisation à la neurodiversité (pédagogie et activités spécifiques).

●●● Ateliers d’échanges de pratiques et savoir-faire en fonctions des compétences spécifiques de chacun

●●● Speed Meeting « Ma différence, mes compétences »

○●● Réaliser un cycle de podcast vidéo avec des témoignages de profils atypiques dans les TL

○●● Réfléchir collectivement à l’hybridation de nos TL

○○● Accompagner (formations, suivi, aide,..) ceux qui accompagnent les profils atypiques

○○● Animation d’ateliers en lien avec les spécificités de chacun

○○● Animer un atelier / témoignage sur les pièges d’appréhension de la diversité (condescendance, …)

○○● Création d’un événement construit avec les singularités de chacun

○○● Créer des ateliers hybrides mélangeant différentes thématiques

○○● Créer des moments de rencontres entre profils atypiques

○○● Créer un groupe de chant avec tous dans le TL

○○● Déjeuner débat (en mode canadien) sur des sujets d’actualités

○○● Documentaire sur le TL en axant le pitch sur la diversité

○○● Éduquer sur les différences grâce à des temps animés (contes, … )

○○● Expression artistique en petit groupe

○○● Faire des actions avec un public diversifié et anonyme

○○● Faire du lieu un endroit aussi ouvert pour les gens « normaux » que « atypiques »

○○● Faire une communication qui permette d’attirer l’attention des diversités

○○● Mettre en avant les spécificités de chacun « coup de projecteur »

○○● Mettre en place des ateliers de rencontre de la différence

○○● Mettre en place les activités qui rassemblent tous les profils avec une thématique universelle qui laisse place au dialogue et à l’appropriation

○○● Organiser des ateliers physiques (cirque) pour favoriser l’usage du corps et moins de la tête

○○● Organiser un événement autour de la différence

○○● Organiser un événement sur la « diversité »

○○● Organiser un événement sur la non-différence

○○● Organiser un repas silencieux

○○● Organiser un speed dating entre « neurodiversité » et « normalité »

○○● Peindre une fresque ensemble

○○● Permettre des temps d’échange et de sensibilisation sur les profils atypiques (ex: débat)

○○● Prendre le temps d’expliquer les différences pour favoriser la compréhension mutuelle, l’empathie

○○● Prendre le temps de rompre les tabous et d’expliquer les atypismes

○○● Proposer aux usagers des formations sur les « soft skills » pour favoriser l’adaptation

○○● Proposer des approches complexes pour des prestations qui sont en général cloisonnées

○○● Que chaque acteur du TL ait un temps pour partager son savoir, ses compétences, ses spécificités

○○● S’échanger les savoirs et savoir-faire

○○● Se former SÉRIEUSEMENT auprès d’organismes compétents pour se permettre de recruter une personne atypique

○○● Transmettre les bases théoriques et les connaissances comportementales des profils atypiques

Tout comme pour la section Teambuilding, beaucoup de points ne doivent pas être vus comme de moyens mais comme des buts à atteindre.

La bienveillance, la bonne volonté et être confronté à la différence dans un cadre facilitant l'inclusion n'empêchent pas de se former et se renseigner au-delà des informations fournies par le profil atypique ou les personnes l'entourant.
Il peut être intéressant de prendre contact avec certains acteurs liés à la différence pour leur proposer une collaboration directe.

Plusieurs propositions vues par le prisme de la neurotypie sont inapplicables à un profil différent car en inadéquation avec la différence (speed-meeting, point très intéressant à la base) ou feront mettre la personne différente en avant, ce qu'en général les personnes différentes n'aiment pas.

Par exemple, un repas en silence peut sembler une bonne idée, mais l'idée, pour un profil atypique, de se retrouver au centre de l'attention, à une table où personne ne parle car il est là et à ne pouvoir faire autre chose que regarder ce qu'il mange ou les autres convives d'un regard gêné ne sera pas la posture la plus inclusive qu'il aura connu.

Encore une fois, il ne faut pas confondre différence et handicap.

Il est normal de faire un repas dans le noir pour sensibiliser à la cécité car la cécité est un handicap réel, mais ce n'est pas le handicap qui fait préférer le silence à un profil atypique, ce sera plus probablement son refus de relation sociale lui faisant préférer manger son sandwich face à une vidéo youtube parlant de physique quantique qu'à un groupe de gens avec qui parler de banalités.

Ouverture vers l'extérieur – pluridisciplinarité du lieu

●●● Organiser des « portes ouvertes » régulièrement et inviter les gens du territoire (voisins, écoles, retraités, commerçants,…)

●●● Inviter des personnes d’horizons différents à vivre une journée dans notre TL (retraités, handicapés, enfants, décrocheurs, grandes entreprises,…) pour échanger le temps d’une journée leurs différences

○●● Instants d’échanges de compétences > ateliers partagés

○●● Inviter les écoles/IME/institutions qui gèrent les profils atypiques à visiter des TL

○●● La multi-activité du lieu (Fablab, coworking, café, bureaux,…)

○●● Réaliser une œuvre collective vivante qui s’arrêtera dans l’espace public pour permettre son augmentation par de nouvelles participations

○○● Accueillir dans le TL des séances du Conseil Municipal, des réunions d’entreprises, …

○○● Aller chercher cette diversité là où elle est (associations, écoles spécialisées)

○○● Aller vers les publics isolés (nomades,..)

○○● Ateliers partagés

○○● Communiquer le programme et les activités du TL auprès de publics très différents (enfants, ados, parents, jeunes, salariés, retraités,…)

○○● Constituer et animer des réseaux thématiques (fablabs, médiation,…) entre TL du territoire

○○● Faites des propositions au territoire pour disrupter leurs problèmes

○○● Implantation du TL dans une zone géographique ou un grand nombre de personnes différentes puissent accéder

○○● Implication des profils atypiques, même à l’extérieur du TL ( par exemple le TL envoie l’asperger faire une réparation informatique chez un client ou un membre)

○○● Installer le TL sur place du marché, ponctuellement

○○● Installer son TL dans d’autres lieux, ponctuellement

○○● Mélanger entreprises, société civile, enseignement

○○● Mettre en place une coopération entre TL du globe (avec l’aide de l’UE par ex)

○○● Ne pas focaliser sur le lien mais sur la communauté qui s’est constituée

○○● Organiser des rencontres interTL du territoire sous différentes formes (jeux, repas, échanges,…)

○○● Organiser un Ramdam avec des stands de TL et 2 à 3 personnes pour le illustrer le TL dans sa diversité

○○● Ouvrir le TL à tous les acteurs du territoire

○○● Ouvrir le TL à toute heure avec un système facile.

○○● Participer aux salons étudiants/orientations professionnels pour recruter les compétences/talents le plus tôt possible

○○● Prendre rendez-vous avec les personnes atypiques, des rendez-vous avec les structures d’accompagnement spécifiques (Cap Emploi, MDPH, AVIQ)

○○● Proposer des activités dans des instituts spécialisés par et avec des personnes aux compétences spécifiques

○○● Proposer des ateliers participatifs sur des projets mobilisant différentes compétences

○○● Réaliser une œuvre collective sur un support mobile qui traversera le territoire d’impact du TL

○○● Sensibiliser les différents acteurs en s’appuyant sur des témoignages

○○● Un tiers-lieu ATYPIQUE

Un tiers-lieu est un lieu cherchant à créer de la cohésion sociale et qui doit l'exprimer en permettant à tous les publics de le visiter.

Beaucoup de profils atypiques ont des passions, parfois totalement différentes les unes des autres et qu'il est très rare de pouvoir combiner car trop incomplètes que pour les faire correspondre à un poste classique mais trop complètes sur certains points que pour pouvoir dire que cette connaissance est « inutile ».

Les tiers-lieux font partie des seuls endroits où cela est possible et même recherché.

Ce sont donc des lieux à faire connaître auprès de certains instituts confrontés à des profils atypiques et ayant des difficultés à les intégrer.

Un profil n'étant pas l'autre, il est important de documenter ses expériences, bonnes comme mauvaises, et pouvoir communiquer avec d'autres tiers-lieux afin de créer de nouveaux moyens facilitant l'inclusion par les neurotypiques.

S'appuyer sur les compétences

●●● Recruter sur base des compétences et non des diplômes ou des certifications

●●● Se focaliser sur les compétences

○●● Détecter les compétences, même si elles n’ont rien à voir avec l’objet premier du TL

○●● Ne pas faire de recrutements mais engager sur base des RENCONTRES

○●● Proposer la mise en place d’ateliers en relation avec les compétences de chacun

○●● Trombinoscope avec les compétences de chacun (équipe, utilisateurs,…)

○○● Créer un TL orienté « intérim » pour les atypiques ou ils seraient mis au travail avec des sociétés respectant les valeurs

○○● Démonstration de compétences « hors norme » à des structures ayant des besoins spécifiques

○○● Faire un atelier post IT ou chacun note sa « différence » et une « compétence » et deviner à qui cela correspond

○○● Promouvoir les compétences par une exposition concrète des réalisations

○○● Une exposition de CV dans le tiers-lieu en mode artistique

Au delà de la structure, c'est également la notion de poste, ou de fonction qui est à revoir.

De par leurs intérêts, certains atypiques ont parfois des compétences équivalentes ou supérieures à celles de certains professionnels sur des points précis, mais pas sur tous ceux qui feraient un profil ou un poste.

Il est parfois difficile alors de les voir autrement que comme des « aides » à tous les postes classiques là où l'ensemble des compétences en font un profil à part entière, mais clairement différent et très difficile à incorporer dans une structure classique.

De là doit être réfléchi un nouveau système rémunératoire car, par exemple, dans la très grande majorité des tiers-lieux croisés et pouvant générer des salaires, même dans les plus horizontaux au niveau de la hiérarchie, il existait quand même toujours une hiérarchie très claire, celle des salaires, cela restant souvent un sujet tabou, au même titre que dans n'importe quelle entreprise.

Je n'ai croisé qu'un seul cas, très récemment, dans lequel la gestion des salaires était totalement églitaire et transparente.

Dire à un atypique « On est égal ! On a des compétences qui se complètent ! Mais… Tu comprendras… J'ai BAC+6, toi tu as seulement ta vie entière à t'être passionné sans avoir un diplôme… C'est normal que je suive « la règle » sur ce coup-ci veut que j'ai le double de ton salaire ». C'est pas très inclusif et totalement injuste.

Impacts/incitants économiques

○●● Pouvoir être aidé financièrement pour accueillir des personnes différentes (et les ressources humaines nécessaires)

○○● Adapter notre communication interne et externe

○○● Créer des incitants publics économiques pour intégrer les profils atypiques dans les TL

○○● Chiffrer en euros ou autre les réalisations concrètes issues du TL

○○● Avoir des sas d’expression médiatisés

○○● Témoigner par vidéos, journal, papier, radio pour montrer à voir à tout le monde par les gens du TL

○○● Mini expression radio par personne d’un TL pour que chacun présente ses spécificités et que tout le monde du TL soit informé

○○● Profiter de l’effet de mode (Good Doctor/TBBT,..) pour mettre en avant les profils atypiques

La différence et son inclusion sont des choses très récentes et il commence seulement à être possible de profiter de primes à l'emploi.

En Belgique, mais je sais qu'en France ce n'est pas mieux, les instituts gérant la différence sont avant tout des instituts gérant le handicap et la différence continue donc, de manière institutionnelle, à être présentée comme un handicap mental.

Par exemple, avec les nouvelles normes mises en application en Belgique à partir de janvier 2020 concernant l'autisme Asperger, mon employeur s'est vu octroyé une nouvelle prime car cela correspondrait à « une déficience mentale supérieure à 20 %. »…

Ainsi, si une personne différente est à même d'avoir des responsabilités, le fait d'en avoir privera l'employeur de certaines primes puisque la prise de responsabilité est censée être incompatible avec un handicap mental ou qu'une montée dans un système hiérarchique est une sorte de «d'intégration complète ».

Il est important pour les tiers-lieux de pouvoir expliquer à leurs partenaires que le résultat obtenu l'a été de par l'emploi de personnes atypiques, aux compétences particulières sans qui le projet n'aurait pu être réalisé, que cela soit via une communication directe au partenaire ou via une communication publique présentant les différents intervenants d'un projet.

L'incitant économique n'est donc pas seulement de recevoir des primes mais aussi d'inciter d'autres acteurs proches des tiers-lieux à engager soit pour certaines tâches, soit pour un engagement définitif des profils différents.

Quelques pistes de réflexion

(Aurélie Portois, Émilie Vandeborne, Marc Vanlindt)

Cet atelier a permis de mettre en évidence que le tiers lieu est compris comme un ​lieu ouvert et pluridisciplinaire,​ un lieu de ​connaissances pouvant être inclusif​, avec la possibilité d’y exercer des ​soft skills ou des compétences spécifiques ​à l’instar des​ organisations apprenantes​.

Plusieurs éléments ci-dessous révèlent la nécessité de poser un ​cadre pour rendre l’inclusion possible. ​En découlerait nécessairement un processus démarrant par des ​éléments de posture​ (revendiquer la bienveillance, jouer avec l’humour, pratiquer l’intelligence collective) afin de pouvoir mener des actions concrètes ​(affichage d’une charte de valeurs, processus d’accueil, évaluations régulières, programmation co-construite,,…).

Pour être inclusif le tiers-lieu doit être compris comme un ​espace modulable et ré-appropriable.

Une piste serait d’explorer les nudges (des suggestions indirectes pouvant, sans forcer, ​influencer​ les comportements) et identifier dans quelle mesure ils peuvent être mis en œuvre dans un tiers-lieu afin de favoriser l’inclusion.

Pour y inclure des profils atypiques, le tiers lieu devrait être un espace collectif, co-construit et co-géré par ses utilisateurs. Afin de générer un sentiment de sécurité et d’appartenance, une attention particulière devrait être portée à la construction perpétuelle du collectif​ en favorisant par exemple les temps d’échange et de convivialité (teambuildings).

Les participants accordent beaucoup d’importance à la diffusion de connaissances au sujet des profils atypiques. Des ateliers de ​sensibilisation pourraient constituer une réponse à cet intérêt.

ramdam_compte-rendu_de_marc.txt · Dernière modification: 2020/01/10 11:09 par vanlindtmarc